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Anne
Ancelin Schützenberger et la psychogénéalogie C'est
à Anne Ancelin-Schutzenberger, cette femme exceptionnelle âgée
aujourd'hui de 85 ans, que nous devons le terme de "psychogénéalogie"
introduit vers 1980, ainsi que son développement en France. En systématisant
l'utilisation du génosociogramme, elle propose une méthode de lecture
des problèmes non résolus de nos ancêtres à travers
le contexte familial, historique, économique, culturel, national et psycho-historique.
Montrant comment nous "payons les dettes" du passé de nos aïeux
en intégrant leurs modèles selon une "loyauté invisible",
elle nous invite à sortir de l'identification.
haut
de page Le
génosociogramme Si
l'arbre généalogique est objectif et tient compte des informations
officielles, le génosociogramme, quant à lui, est subjectif et tient
compte de l'histoire qui est parvenue jusqu'à l'individu. Il reflète,
en effet, les tailles de sauvegarde (secrets de famille), les greffes flatteuses
(rajouts), les marcottages obstinés (schémas répétitifs),
les parasites (fantômes), le tout ayant bien sûr perturbé la
croissance de la graine originelle. Utilisant des conventions graphiques sur la
famille, il permet d'obtenir une image rapide de modèles familiaux complexes
et met en évidence les liens entre des évènements, des faits,
des dates, des âges et des situations. En cela, il constitue une riche source
d'hypothèses sur la manière dont une difficulté psychologique
ou psychosomatique peut être reliée au contexte familial. Il donne
aussi des clés sur la façon d'envisager l'évolution de cette
difficulté. Il est, de ce fait, l'outil privilégié de la
psychogénéalogie.
haut de page Un
manuel de théorie transgénérationnelle Outre le
travail méthodique d'investigation psychogénéalogique qu'il
nécessite, le travail sur l'âme conduit à l'approche transgénérationnelle.
Or, avec "La Bible et ses Fantômes", Didier Dumas
nous ouvre le meilleur manuel de théorie transgénérationnelle
à notre disposition : la Genèse. A travers la succession des générations,
il montre combien elle traite de la place revenant aux transmissions non seulement
dans la santé mentale de l'enfant, mais également dans celle, sociale
et collective, des peuples et des civilisations. La mythologie d'Adam et de Noé
illustre la théorie biblique des transmissions paternelles résumée
dans le cinquième verset des Dix Commandements : "[...]Tu ne
te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car c'est moi
le Seigneur, ton Dieu, un Dieu jaloux, poursuivant la faute des pères chez
les fils sur trois et quatre générations - s'ils me haïssent
- mais prouvant sa fidélité à des milliers de générations
si elles m'aiment et gardent mes commandements". La Bible rejoint
les constatations de Françoise Dolto qui avait noté qu'il fallait
trois générations pour faire un psychotique... Il est donc d'usage
de construire le génosociogramme sur trois ou quatre générations. haut
de page Jung
et le transgénérationnel En ce qui concerne
le transgénérationnel, le grand clinicien de l'âme qu'était
Carl Gustav Jung (1875-1961), était un précurseur lorsqu'il écrivait
dans "Ma vie, souvenirs, rêves et pensées" : "Tandis
que je travaillais à mon arbre généalogique, j'ai compris
l'étrange communauté de destin qui me rattache à mes ancêtres.
J'ai très fortement le sentiment d'être sous l'influence de choses
ou de problèmes qui furent laissés incomplets ou sans réponse
par mes parents, mes grands-parents et mes autres ancêtres. Il semble souvent
qu'il y a dans une famille un karma impersonnel qui se transmet des parents aux
enfants. J'ai toujours pensé que, moi aussi, j'avais à répondre
à des questions que le destin avait déjà posées à
mes ancêtres, mais auxquelles on avait encore trouvé aucune réponse,
ou bien que je devais terminer ou tout simplement poursuivre des problèmes
que les époques antérieures laissèrent en suspens [
]
La psychothérapie n'a pas encore tenu assez compte de cette circonstance". 
haut
de page Nicolas
Abraham, la Crypte et le Fantôme
De
son côté, Nicolas Abraham (1919-1977), en dehors de sa relecture
rigoureuse et créative de l'uvre freudienne, propose quelques concepts
originaux autour desquels il construit l'essentiel de son uvre, dont le
concept de Crypte et de Fantôme. Lui et Maria Törok, sa compagne et
collaboratrice tout au long de sa vie, définissent le Fantôme comme
"le travail dans l'inconscient du secret inavouable d'un autre (inceste,
crime, bâtardise, etc.). Sa manifestation, la hantise, est le retour du
fantôme dans les paroles et actes bizarres, dans les symptômes (phobiques,
obsessionnels...)" Tout se passe, en fait, comme si le fantôme
sortait de sa crypte, c'est-à-dire, du caveau intérieur dans lequel le secret inavouable
est mis en conserve pour venir nous hanter en parlant à la façon
d'un ventriloque et même en agissant à notre place. Il passe alors des parents à l'enfant, se manifestant d'une génération à l'autre, jusqu'à ce qu'on en prenne conscience.
haut
de page Didier
Dumas, l'Ange et le Fantôme Poursuivant le travail
d'Abraham et Törok tout en intégrant celui de Françoise Dolto
dont il a été l'élève, dès 1985, Didier Dumas
a exploré et précisé la voie du Fantôme. Le concept
s'en trouve élargi : - Le
fantôme est un "manque à parler", et devient de ce fait
un "impensé généalogique" ; il est généralement
issu d'un événement familial traumatique
ayant
impliqué le sexe (viol, inceste, enfants adultérins...) ou la mort
(suicide, crime, mort violente mal vécue
), puisque ces deux thèmes
s'inscrivent, presque toujours, dans un "vide de langage"; - Les
fantômes qui nous hantent peuvent aussi être ceux des traumatismes
collectifs (guerres, déportations
);
- Enfin,
en étendant cette notion à une conception chamanique qui prend en
compte "la maladie des Ancêtres", les fantômes sont aussi
ces morts "mal-morts" qui, "pour différentes raisons, n'ont
pas pu rejoindre les portes de la Grande Lumière et se retrouvent prisonniers
de leurs angoisses ou de leurs illusions terrestres, certains parce qu'ils sont
partis en ayant encore des comptes à régler, d'autres parce qu'ils
ne se sont même pas rendus compte qu'ils étaient morts, qu'il n'ont
jamais pu en accepter l'idée de leur vivant, ou que leur entourage ne l'accepte
pas".
Par ailleurs, Didier Dumas ouvre aussi la voie de
l'Ange. Celui-ci apparaît, là où le Fantôme ne peut
se révéler. Il s'exprime souvent à travers l'accompagnant,
un tiers qui surgit bien à propos, ou bien par un rêve. Là
où le Fantôme brouille les cartes, l'Ange restitue à chacun
l'impensé des lignées qui le déterminent. haut
de page Le
syndrome du Gisant Lorsqu'on
traque le Fantôme, le "Gisant" n'est pas bien loin puisque c'est
celui qui est "colonisé" par le Fantôme. Chacun de nous
a déjà pu voir ces statues de personnages couchés, figés
pour l'éternité, les mains croisées sur le ventre, qui ont
marqué l'art funéraire médiéval. Elles ont un accent
de réalité à faire frémir. Selon Salomon Sellam le
"Syndrome du Gisant" se repère à la voix monocorde de
celui qui en est atteint, à son allure triste, ses vêtements noirs
ou en sombres, son manque d'énergie... Le Gisant porte souvent des prénoms
tels Gisèle (gît-elle), René (re-né), Sylvie (si elle
vit)... Il est généralement dépositaire des dates de conception,
de naissance, de décès du Fantôme. Pour
en savoir plus...
haut
de page Le
chamanisme celte et le transgénérationnel En
tant que culte des Ancêtres modernisé, le travail transgénérationnel
replonge dans nos racines chamaniques, ce système de croyance originel
au symbolisme universel et dont la structure cosmologique a laissé de profondes
empreintes dans le christianisme. Cette structure est constituée de quatre
orients et de trois mondes qui s'interpénètrent et qui sont reliés
en leur centre par un pivot : l'Arbre de Vie. Le Triskel, motif giratoire ternaire
- très utilisé par les Celtes - constitué de trois volutes
tournant dans le même sens, nous fournirait-il les trois clés des
trois mondes ? En tout cas, la religion des druides a retenu l'existence d'un
"Autre Monde", qui se situe, selon les textes, sur une île (Avalon),
au fond des lacs, ou sous les tertres. Là, les défunts continuent
de vivre en échappant au temps. A certains moments de l'année, selon
le calendrier celtique, les portes de l'Autre Monde s'ouvrent toutes grandes afin
que ceux qui sont morts à la vie terrestre puissent rendre visite aux vivants,
lesquels ont le devoir de leur réserver le meilleur accueil. Le plus grand
rendez-vous a lieu la nuit de Samain, le 31 octobre. Si le christianisme a tenté
d'effacer ce culte païen en plaçant la Toussaint le 1er novembre,
ne resurgit-t-il pas de plus belle sous la forme vulgarisée d'Halloween
? C'est dire combien ce culte est une composante naturelle d'auto-régulation
de la vie spirituelle de chacun ! Est-ce son oubli qui crée ce qu'on appelle
"la maladie des Ancêtres", c'est à dire toutes les formes
actuelles des maladies de l'âme ? 
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de page
Faire soi-même
son arbre généalogique Voici, ci-dessous quelques
liens fort utiles : |