Salomon
Sellam est l'auteur de " Le syndrome du gisant, un subtil enfant de remplacement
". C'est en 2001, qu'il définit ce trouble comme étant
un processus inconscient de réparation transgénérationnelle
lors d'un décès " non admis " (par exemple, le départ
prématuré d'un enfant). Ce deuil, impossible à faire au moment
du drame, va être à l'origine d'une souffrance morale. Celle-ci peut
trouver le moyen d'être gérée par la programmation inconsciente
d'un " enfant de remplacement ", matérialisée par la conception
d'un autre enfant à plus ou moins long terme.
Ce dernier, inconsciemment
chargé de représenter et de faire vivre le défunt, présentera
une série de symptômes - comportementaux, organiques ou psychiques
- en relation avec cette impossibilité de vivre sa propre vie et regroupés
dans " le syndrome du gisant " dont le discourt débute souvent
par cette phrase clé : " j'ai l'impression de ne pas vivre ma vie
".
Ainsi Vincent Van Gogh est né le 30 mars 1853, un an
jour pour jour après la naissance et le décès d'un premier
Vincent, né le 30 mars 1852. Salvador Dali a été conçu
à dix jours près, après le décès à l'âge
de vingt et un mois d'un premier Salvador. Camille Claudel est conçue très
peu de temps après la mort d'un frère, Charles-Henri, décédé
à l'âge de quinze jours.